Du cruel destin des petits dessins

Un dessin de bande dessinée connaît un destin ingrat. Il sert exclusivement les intérêts d'une histoire. Combien de lecteurs se penchent sur une case, puis sur une autre et ainsi de suite sur les 400 ou 500 cases que composent un album comme on s'arrête devant un tableau dans un musée ? Parfois l'un d'eux attire l'œil, mais le doit-il ? Son rôle n'est-il pas, après tout de servir obscurément le récit sans retenir l'attention ? Assurément, oui. Son auteur doit le triturer, lui couper les ailes, le rogner, le dompter, le cadrer... La case enferme, cloisonne et emprisonne les espoirs de liberté des petits dessins. La bande dessinée est un art cruel. Un art qui met les dessins en cage.
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